Nouvelles isolées

Le commerce de ses charmes

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Le commerce de ses charmes

La place du Palais-Bourbon, à Paris, ne résonne pas seulement de l’écho des envolées lyriques qui naissent à la tribune de l’Assemblée voisine ; 11 y souffle aussi un vent de frivolité qu’entretient le va-et-vient des modèles qui hantent le siège de revues sur papier glacé à la gloire de la beauté féminine.  Rien d’étonnant, donc, à ce que – par commodité – Herbert eût choisi d’y loger son studio dans un duplex aménagé sous les toits. Américains il appartenait à une profession qu’on désigne, faute d’un équivalent en français, sous la dénomination de  »glamour...

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Un crime de notable

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Un crime de notable

C’est avec la plus grande discrétion que le sergent Fernand Plouffe, de la Police Montée Canadienne, alla accueillir Surray à l’aéroport de Dorval : d’abord parce que l’affaire pour 1aquelle Plouffe avait requis le concours de cet ancien collègue ne devait à aucun prix être ébruitée ; ensuite parce que l’âméricain Surray – Vincent Surray, pour la précision de la chronique – avait quitté le FBI par la porte de service sans que ses patrons eussent jugé bon de lui délivrer un satisfecit.  En provenance de New York, l’appareil d’Eastern Airlines déchargea sa cargaison humaine sur l’aire cimentée...

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Les petites chaises roulantes

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Les petites chaises roulantes

A un âge où sa fraîcheur commençait à se ternir, Cornelia Granby avait conservé de son passé d’actrice le goût de la vie large et des amours à répétition. Hélas, comme il y avait maintenant belle lurette que le cours de sa carrière cinématographique avait été freiné, puis tronqué, par les poussées de croissance d’une génération de starlettes plus promptes à se dévêtir qu’elle-même ne l’avait été en son temps, les produits de son industrie principale et des extra sur lesquels elle avait débouché tendaient à s’épuiser et il n’était pas difficile de prévoir que ses seules richesses consisteraient bientôt...

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Pour le triomphe de la cause

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Pour le triomphe de la cause

Erigé sur une colline, l’hôtel dominait la ville. De ses balcons, équipés de larges baies, on pouvait s’amuser à dénombrer les clochers d’église et les coupoles qui se profilaient sur le ciel de la cité historique.  Plus que d’un hôtel, il s’agissait à proprement parler d’un complexe hôtelier, conçu et géré à l’américaine, dont les multiples commodités ôtaient à ses hôtes l’envie de sortir de son périmètre. Du sous-sol au toit, plusieurs restaurants se disputaient la faveur de les gorger. Le grand hall circulaire était percé d’alvéoles qui abritaient autant de boutiques de luxe. Pour le repos...

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Le coup

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Le coup

Le coup dont il s’agit n’a ressemblé en rien au traditionnel putsch africain ou au classique pronunciamento latino-américain qui mobilisent l’un et l’autre des troupes en armes et qui sont généralement assortis de professions de foi sonores. A dire le vrai, il s’est déroulé dans une telle discrétion que les citoyens du pays où il s’est produit ne se sont aperçus de rien et que les services secrets des états amis et rivaux n’ont pas encore signalé à leur gouvernement respectif que le territoire en question est désormais contrôlé par une autre équipe. Afin de ne point leur mettre la puce à l’oreille, nous...

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La grande décharge

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La grande décharge

Une fois de plus, les prophètes avaient parlé dans le désert. Les cris d’alarme  poussés dans les années 70 n’avaient pas été entendus et si, en ce dernier quart du XXième Siècle, on marchait régulièrement sur la lune, la terre dans son entier avait fini par ressembler à un dépôt d’immondices que les peuples suffoqués avaient amèrement baptisé la Grande Décharge.  Aucun continent n’avait été épargné et telle région de France qui passait naguère pour riante et fertile avait vu, en l’espace de quelques années, ses rivières se tarir et son agriculture étouffer sous l’amas des détritus. Dans les villes,...

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