Le commerce de ses charmes

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Le commerce de ses charmes

La place du Palais-Bourbon, à Paris, ne résonne pas seulement de l’écho des envolées lyriques qui naissent à la tribune de l’Assemblée voisine ; 11 y souffle aussi un vent de frivolité qu’entretient le va-et-vient des modèles qui hantent le siège de revues sur papier glacé à la gloire de la beauté féminine.

 Rien d’étonnant, donc, à ce que – par commodité – Herbert eût choisi d’y loger son studio dans un duplex aménagé sous les toits. Américains il appartenait à une profession qu’on désigne, faute d’un équivalent en français, sous la dénomination de  »glamour photographer » et, à vingt et quelques annéess il figurait dans le peloton de tête de ces artisans de la caméra dont les objectifs sont braqués sur les plus troublants spécimens de l’architecture humaine.

 Un étrange ballet se déroulait, à longueur de journée, au ni- veau inférieur de l’atelier. Des silhouettes se mouvaient dans l’ombre, à pas feutrés, derrière les batteries de projecteurs qui fouaillaient ou capotaient des chairs que n’habillait sou- vent qu’un croisement de faisceaux. Attifé avec une recherche qui confinait à la singularité, Herbert – qu’on appelait affectueusement Herbie dans le métier – régnait sur cette escouade qui tâtonnait dans l’obscurité afin que l’image qu’enregistrerait l’appareil pût servir les desseins secrets de la mode

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